La loi Duplomb : Une loi contre l’agriculture paysanne, l’environnement et les consommateurs

Faute de majorité au sein de l’Assemblée nationale pour faire passer un texte rétrograde le gouvernement, qui réprime les mobilisations sur l’environnement, use de toutes les stratégies pour passer en force, au risque de fragiliser un peu plus la démocratie et de sacrifier l’intérêt général. En renvoyant le texte à la Commission mixte paritaire (CMP), la macronie, la droite et son extrême se sont alliés pour, une nouvelle fois contrecarrer la constitution et empêcher tout débat.

Loi Duplomb : une catastrophe écologique !

Le sénateur Duplomb (LR), climatoseptique répondant aux désirs de la FNSEA, a proposé une loi de simplification de la loi d’orientation agricole pour réduire les normes, proposer des dérogations pour l’utilisation de produits contenant des néonicotinoïdes. Ces derniers sont interdits depuis 2018 ; réinstaurer leur usage est une aberration et un scandale sanitaire. Notre écosystème est menacé par l’élevage intensif et le stockage de l’eau en méga-bassines, etc. Cette loi vise une minorité de grandes exploitations, elle réintroduit les pesticides, va entraîner la destruction de zones humides et de la biodiversité déjà lourdement en déclin. Les pollutions des eaux potables se multiplient. Le fort déclin des oiseaux et des pollinisateurs qui permettent les récoltes inquiète. Le dérèglement climatique se manifeste par la multiplication de phénomènes météorologiques dévastateurs. Les objectifs de cette loi s’inscrivent dans la trajectoire gouvernementale de réchauffement de +4°c en 2100.

Loi Duplomb : loi contre les agriculteurs et les paysans

Le texte issu de la CMP - 7 députés, 7 sénateurs - vise à donner raison aux lobbys agricoles, au greenwashing et marque un terrible recul écologique et environnemental. Cette loi ne réglera pas les problématiques du monde agricole sous le coût de choix toujours plus libéraux. Dénoncé par plus de 1000 scientifiques, le contenu est favorable à l’agrobusiness, aux traités de libres-échanges, aux firmes chimiques, aux centrales d’achats des supermarchés, à l’agro-industrie, etc. Les grands oubliés sont les agriculteurs et la rémunération du travail paysan.

Loi Duplomb : un choix capitaliste

La France a largement la capacité de produire la majeure partie des denrées alimentaires pour nourrir convenablement sa population. Mais il n’y a pas réellement de souveraineté alimentaire quand la production de 43% des terres, soit 12 millions d’hectares, est destinée à l’exportation et aux spéculations mondiales. Du fait de ce choix politique capitaliste nous ne produisons que 47% des fruits que nous consommons. Lactalis veut collecter de moins en moins de lait pour importer du lait en poudre de Nouvelle Zélande ou du lait du Brésil grâce à l’accord de libre-échange. etc. C’est donc la dérégulation internationale qui est en cause plutôt que les actuelles trop faibles normes environnementales.

Un autre choix est possible !

En 50 ans, notre pays a perdu les trois quarts de ses agriculteurs. Ceux qui continuent sont le plus souvent lourdement endettés et avec des revenus totalement insuffisants. La colère paysanne est légitime. La crise agricole est réelle. Des réponses doivent y êtes apportées. Une loi agricole soucieuse des paysans, de la rémunération de leur travail, de la préservation de la biodiversité et de la santé publique, tout en luttant contre la précarité alimentaire se serait attachée à mettre en cohérence la production agricole et le besoin alimentaire en qualité et quantité, avec des normes de protections. En laminant le droit à l’environnement, c’est un droit fondamental qui est bafoué : le droit à la vie en bonne santé, sans être enfermé dans la dépendance aux produits phytosanitaires et aux importations multiples. Cette loi Duplomb, loin de la transition sanitaire et écologique indispensable défend le capitalisme et le productivisme agricole. Elle appelle à rechercher ensemble les chemins d’un après capitalisme répondant aux besoins de tout le vivant et à la santé pour toutes et pour tous.

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